Entre Ciel et Terre

 

 

« En rose et bleu ! »

Toulouse - 28 février 2025

 

Avant de m’envoler pour Paris, je fais une halte à Toulouse, ma ville natale. Le vent est frais et un magnifique soleil illumine les briques roses des façades. En sortant de la gare, je ressens une joie intense…  Je suis chez moi !… Inutile de chercher sur un plan, mes pas me guident. J’ai tant de souvenirs ici…

 

Il y a cinquante ans, je naissais à Toulouse. Ma ville, comment étais-tu il y a un demi-siècle ? En sortant de la gare, la rue Bayard me tend les bras. C’est dans un de ses immeubles que j’ai passé les trois premières années de ma vie avant de déménager en Alsace avec mes parents. Puis, adulte, j’ai vécu dans la ville rose pendant une vingtaine d’années.

En longeant les berges, je passe devant ce porche. Alors, le décompte du temps s’enclenche… Je me vois à 20 ans, 30 puis 40… Et aujourd’hui encore je m’arrête devant cette ruelle qui se profile dans l’arche du porche. Le jeu des lumières rehausse les couleurs jaunes, ocres et rouges des façades qui se détachent sur le ciel bleu… Je ressens toujours la même joie ! Je savoure le plaisir de retrouver ces émotions intactes en moi… Quel bonheur !

 

Soudain, les souvenirs affluent… Je vois une petite fille courant après les feuilles rousses d’automne qui tourbillonnent sur les boulevards. J’entends ses rires emportés par le vent…

 

Les rires de l’enfance ne se perdent pas. Un jour, ils reviennent se poser sur nos lèvres !

 

 

Je suis revenue à Toulouse à l’âge de dix-neuf ans pour faire des études de Lettres Modernes. J’ai passé des heures à flâner le long des berges de la Garonne comme un grand nombre de jeunes le font encore aujourd’hui sous ce soleil printanier ! J’aime la nonchalance de la ville rose quand les températures sont clémentes. Cet air du sud adoucit les aléas de l’existence !

 

Il fait bon se laisser vivre quand le bleu du ciel miroite dans la Garonne ! Les soucis et les choses sérieuses peuvent attendre… Ils seront toujours là… Pour l’instant, assise sur le quai de la Daurade, je ferme les yeux et me laisse envahir par la douce chaleur des rayons du soleil… Autour de moi, les rumeurs de la ville… Les conversations, les rires, un klaxon, quelques notes de guitare… Et ce goût de miel dans ma bouche…

 

Saisir la merveille de l’instant permet de me rappeler ce goût de miel et ce parfum de légèreté que j’associe à la beauté de ce monde.

 

 

 

Les sculptures en carton d’Eva Jospin sont présentées sous le dôme de la Chapelle de Lagrave. J’avais entendu parler de son travail. C’est avec hâte que j’ai envie de le découvrir ! 

 

Je pénètre sous le dôme où règne un froid glacial et j’aperçois trois œuvres… Je fais le tour… Dans une petite pièce, j’en découvre deux autres… Je suis déçue ! Tout d’abord parce que je pensais que les œuvres de cette artiste étaient monumentales…. Ensuite, parce que j’avais imaginé voir au moins une vingtaine de sculptures…

 

Je prends quelques photos des jeux de lumières sur le minutieux travail du carton et me dirige vers la sortie… J’ai froid ! Je pense aux religieuses qui vivaient là dans le passé… Elles devaient connaître ce même froid sans chauffage tous les hivers… Comment survivaient-elles ? Plus proche de nous, comment les employées à l’accueil font-elles pour résister à ces températures au long de leurs heures de travail ?

 

J’aime les villes car elles foisonnent d’êtres humains… Quelle merveille ! Tous ces visages… Peu importe leur beauté ou leur laideur ! Ces gens sont vivants ! Ils parlent, marchent, aiment, souffrent, rient, naissent et meurent… Et nous voilà dans cette douceur printanière, aux terrasses des cafés ou sur le Quai de la Daurade, libres. 

 

Je me dis que j’ai une chance incroyable de vivre dans un pays en paix. Je peux aller où je veux sans contrainte, vêtue comme il me plait, sans crainte… Je pense aux milliers de femmes qui ne peuvent pas circuler librement, parler librement, créer librement… Rêvent-elles librement ?

 

Je laisse mes pas me guider. Ils reconnaissent chaque pavé de cette ville… Ils m’emmènent d’Esquirol aux Carmes, en passant par la rue des Filatiers et la rue Pharaon… Que de souvenirs me reviennent en mémoire ! Je m’arrête devant les devantures des boutiques que j’aimais et m’émerveille de les voir toujours là ! Je me dis que si je laisse passer trente années de plus, j’en aurai quatre-vingt… Je prends ces boutiques en photo au cas où il n’en reste rien un jour…

 

Rue Pharaon, je m’arrête devant la porte, juste à côté du fleuriste. Combien de fois suis-je venue ici ?… Je lève la tête… Les volets bleus sont toujours là… Mais… Où est l’amie que je venais voir quand nous étions étudiante ? Je pense à elle et prie pour qu’elle vive en paix où qu’elle soit sur cette Terre.

 

Voilà… La nuit tombe sur Toulouse… J'imagine que les lumières des villes restent allumées pour que ceux qui ne trouvent pas le sommeil se sentent moins seuls… Pour que ceux qui pleurent éprouvent une consolation…. Pour que les égarés trouvent leurs chemins… Pour que les amoureux puissent se rencontrer.

 

Bonne nuit ma ville ! Demain, je m’envole pour Paris…

« La Chapelle Saint-Pierre-du-Puy »

81 500 Giroussens 

 

L’année 2024 est marquée par « Histoires d’âmes ». Ce projet, qui m’a été inspiré à mon retour du Nouveau Mexique, rassemble à présent une quinzaine de personnes qui ont accepté de raconter l’histoire de leur âme. Ce printemps et cet été, j’ai cherché un lieu pour exposer ces écrits calligraphiés.

Après de nombreuses recherches, l’aide providentielle de Marie-Christine, une des participantes, m’a mise en relation avec Martine… Grâce à qui j’ai rencontré Claude de l’association A.R.B.R.E…  Merveilleuse chaîne humaine !

C’est ainsi qu’un matin d’août, j’ai découvert la Chapelle Saint-Pierre-du-Puy et la grâce de sa présence. Dès que j’ai vu le vieux chêne, je suis tombée amoureuse de ce lieu… Face au panorama qu’offre le promontoire sur lequel est construite la Chapelle, j’ai été conquise ! Ici, les âmes peuvent s’envoler… J’avais trouvé ce que je cherchais !

Je suis revenue à plusieurs reprises dans cet endroit pour savourer l’atmosphère de paix qui en émane. Au cours de ces flâneries, mon attention s’est portée sur des détails que je n’avais pas vu la première fois.

C’est avec joie que je partage avec vous quelques photos de cette rencontre sensible et spirituelle. 

 

 

"Before Leaving"

 

Cet été, tout en préparant mon voyage à Santa Fe, j'ai eu envie de photographier le Tarn où je vis. J'ai pris le temps de regarder mon environnement familier. Cette contemplation a généré de l'émerveillement et un sentiment de paix. J'étais profondément touchée par la beauté qui s'offrait à moi. Les photos qui suivent sont le fruit de cette émotion.

 

 

 

Puycelsi

Chaque fois que je me promène dans ce village du Moyen-Âge, je vis une aventure spirituelle. J'ai le sentiment qu'une force gravite autour de cette bastide. Dans les rues, m'accompagne une silencieuse présence. Chaque fois que je rentre chez moi, après m'être promenée à Puycelsi, je me sens nettoyée de l'intérieur. J'ai la sensation d'être libérée d'un poids. Ainsi oeuvre l'invisible.

 

 

 

 

Monestiés

En me promenant entre Albi et Cordes, j'apprécie de faire une halte à Monestiés. Dans ce charmant village de pierres, j'aime flâner après un bon repas. Les habitants prennent soin de fleurir les rues avec diverses fleurs et notamment des roses. Je suis enchantée de partager leurs délicates attentions.

 

 

 

 

My Countryside

Quand l'envie me prend, je vais me promener dans la campagne. L'été, je m'émerveille des couleurs éclatantes du ciel et de la terre. Le vert et le bleu se répondent sous un puissant soleil. La vigne enfante doucement des grappes de raisins qui seront cueillies en septembre, dans une terre parfois éreintée de chaleur. Mais il suffira d'une pluie pour que son odeur d'humus enchante à nouveau mes narines.

 

 

 

 

La cathédrale Sainte Cécile et le cloître Saint Salvy

Quand je vais à Albi, je me gare à côté de la cathédrale. En sortant du parking, j'aperçois progressivement cet immense édifice construit en surplomb. Chaque fois, je suis séduite par sa force et sa majesté. A quelques pas de là, se trouve le cloître Saint Salvy. J'aime m'y reposer à l'ombre des arcades. J'écoute les pas silencieux des milliers de gens qui viennent se recueillir ici depuis des siècles. Cet oasis de silence au cœur de la ville me rappelle une phrase de Sainte Elisabeth de la Trinité : « Je me tais et Dieu me parle. » 

 

 

 

"Lourdes"

 

Je suis allée à Lourdes pour fêter l'Assomption, ce 15 août 2023. Avant mon départ pour Santa Fe, j'ai eu besoin de préparer mon bagage spirituel. Pendant trois jours, j'ai baigné dans une atmosphère de recueillement et de joie. Je me suis emplie de la force de cette foule réunie autour de Marie, de nos chants et de nos cœurs unis pour la paix.

 

 

 

"Colorful People"

Le matin du 15 août, j'ai assisté à la messe en plein air donnée dans le sanctuaire. À la fin de la cérémonie, je me suis retrouvée au milieu d'une foule vibrante de couleurs.  J'ai été ébloui par la beauté de ces êtres venus du monde entier et  par la grâce de ce lieu qui les rassemblent autour de Marie. Ces photos sont un hymne à la vie et à l'espoir.

 

 

 

"Candles in the Wind"

Non loin de la grotte où Marie est apparu à Bernadette, se trouve un endroit pour faire brûler des cierges. J'aime beaucoup me recueillir devant ces centaines de cierges posés par des gens venus de partout. J'apprécie leur odeur et leur chaleur qui diffusent une douce présence. J'aime penser que toutes les prières forment un chant qui apaise notre monde.

 

"The Flame of Hope"

Par une nuit d'été étoilée, réunis autour d'un feu, nous avons prolongé les rêves que nous venions de partager. Les enfants se sont lovés dans les bras de leurs parents tandis qu'une brise soulevait les feuilles des arbres. De tout de mon cœur, j'ai souhaité que chacun soit en paix sur cette terre comme nous l'étions à ce moment-là.

 

"Happy Ocean"

 

Je te confie mes peines, tu les emportes au large. Je te souris, tu m'envoies un baiser salé. Je plonge dans tes vagues, tu m'enveloppes toute entière. Mon océan de bonheur ou quelques jours d'hiver au Pays Basque.

 

"Benedictus"

Lors de mon arrivée, tu es au rendez-vous. Happy Ocean avec ton ciel rougeoyant. Je te rends grâce de tant de beauté en te photographiant jusqu'à la nuit tombée. Chaque soir, je cours te retrouver sur la plage, émerveillée, amoureuse.

 

 

"Gloria"

Captivées par les reflets de tes vagues, je te suis de près. Je tente de saisir chacun de tes mouvements roses, oranges et ors. Je danse avec toi, Happy Ocean pour que tu me donnes tes plus beaux reflets. Tu avances sur le sable, je te rejoins. Tu repars, j'attends ton retour.

 

 

"Hallélujah"

Tu es la vie, Happy Ocean. Tu jailllis au bout de la jetée et j'exulte. Dans tout mon être, je sens ta force qui anime l'espérance au creux de ma fragilité. Je trouve en toi la source qui me régénère. L'immensité qui me complète.

 

 

"Mousseline"

Quand tu retires tes vagues, le sable s'accroche à ton mouvement. Se dessinent alors des drapés de mousseline blanche. Comme un tissu parfumé, je te sens. Happy Ocean, tu exhales le grand large, les horizons lointains et les profondeurs inaccessibles. Tu embaumes la surface de la terre et ma peau qui frémit sous ta caresse.

 

 

"Divine Wind"

Un vent glacé soulève tes vagues. Tes bleus se teintent d'ombres mouvantes. Je rabat les pans de mon manteau qui s'envolent avec mes pas. Tu rugis, tu cours, tu te cabres... J'aime quand tu t'agites, Happy Ocean. Tu réveilles en moi une douce force.

 

 

"Ocean of Clouds"

Happy Ocean, je te quitte un instant des yeux pour contempler ton reflet dans le ciel. Au fil des heures, je suis la danse des nuages qui répond à tes mouvements. Minuscule, j'admire vos deux immensités. Vous étiez là bien avant et serez là bien après mon court passage sur cette Terre. Vous contemplez est un cadeau inouï.

 

 

"Ocean Eggs"

Le sable humide sent l'algue et l'embrun. Dorée par un léger soleil d'hiver, je découvre l'œuvre féconde de tes vagues qui ont déposé des petits cailloux sur la plage, pendant la nuit. Des oeufs de pierre conçus dans la profondeur de tes entrailles, Happy Ocean. Je ne touche à rien de ton œuvre, j'observe la grâce du silence.

 

 

"Strange Woods"

Happy Ocean, tu as déposé des formes de bois en gestation dans tes profondeurs. Elles composent un muséum d'espèces non classées, nées de ta créativité. Je les approche avec prudence, impressionnée  par leurs expressions. J'en vois qui s'animent sous l'ombre mouvante d'un nuage.

 

"Vignes d'Automne"

Ce jour-là, le matin fut gris. Puis, le vent s'est mis à souffler sur les vignes. Frais, léger, gai, il a dévoilé le bleu du ciel en début d'après-midi. Un soleil incertain a modelé le paysage, créant des flaques d'ombres et de lumières.

 

"Eaux d'automne"

 

Dans la brume des rives du Tarn, j'ai été touchée par les camaïeux de verts, d'ocres et de bruns de ce matin-là. D'un pont à l'autre, j'ai voulu saisir les reflets du ciel et de la terre, dans l'eau. J'ai découvert un monde dont l'image se reproduit dans l'onde de façon symétrique. Au cours de cette flânerie, je me suis démandée qu'elle était la frontière entre le réel et l'irréel. Est-il possible de rêver la réalité ?

 

"Ô Toulouse !"

Lors d'une ballade le long des berges de la Garonne, entre le Pont Neuf et le Pont des catalans, j'ai eu le plaisir de photographier ce magnifique soleil de décembre sur le miroir des eaux.

 

"Brume dans le parc"

 

Un matin d'hiver, j'ouvre les volets et la brume entre dans ma chambre. Blanche et douce avec son odeur de pierres humides, elle m'appelle. J'ai envie de voir le soleil se lever entre les branches des arbres du parc... Je photographie cet instant féérique !

 

"Twilight"

 

Un soir d'automne, je suis allée me promener dans les vignes. Le vent fraîchissait au rythme du déclin du soleil. Soudain, le ciel s'est paré de couleurs flamboyantes. Magie !