Paris liberté !

Du 17 au 23 mars

 

 

Lundi 17 mars - Parc Monceau

 

Le temps passe vite ! Je débute ma troisième semaine à Paris et j’ai l’impression que je viens d’arriver ! J’ai encore tant de choses à voir…

 

Aujourd’hui, un magnifique soleil se lève sur la ville et j’ai hâte de poursuivre ma découverte des parcs parisiens. Je pars pour le Parc Monceau ! Il est beaucoup plus petit que le Jardin des Tuileries ou le Jardin du Luxembourg mais il a un charme fou ! Un endroit rêvé pour se murmurer des mots doux à l’ombre d’un arbre, pour se livrer à la caresse du soleil sur un banc ou pour rêver près du bassin… Certains arbres attendent encore de se vêtir de leurs feuilles et d’autres colorent déjà de leurs fleurs ce délicieux endroit ! Au hasard de ma visite, je croise un ami félin…

 

Quel bonheur de croiser un chat ! À chaque fois, je pense à ma mère… Je crois que toute ma vie, chaque fois que je croiserai un chat, je penserai à maman… Je nous vois, elle, jeune femme, moi, petite fille, dans les rues de Toulouse. Je suis certainement dans une poussette ou je lui donne la main… Et nous nous arrêtons pour contempler un chat… Ce que se disent les mamans et les enfants dans ces moments-là sont des petits secrets complices dont les mots s’effacent avec le temps mais qui fondent une relation. C’est un morceau d’éternité qui s’ancre dans nos cœurs…

 

Comment une relation quelle qu’elle soit pourrait exister sans partager l’émerveillement ? 

Pagode

 

Rue de Courcelles, se tourne une pagode. Sa présence au milieu des immeubles haussmaniens est insolite… Je m’arrête un instant devant cette évocation d’un autre pays, d’une autre culture qui me ravit. 

 

Les villes offrent cette diversité, cette possible rencontre avec l’inconnu que j’affectionne… Cela me fait l’effet d’une bouffée d’air frais qui entre dans mes poumons… Soudain, je respire ! Mes poumons se dilatent ! L’espace s’élargit ! Je quitte cet « entre-soi » qui m’étouffe pour voguer vers de lointaines contrées aux mille mystères !

 

Cosy Place !

 

En descendant de la rue de Courcelles, entre le Palais de l’Élysée et la place de la Concorde, je m’arrête pour boire un chocolat chaud… L’endroit est confortable et un petit air de jazz flotte dans la salle… Ambiance détente ! En savourant mon chocolat, je souris… Lors de mes précédents voyages, une musique m’accompagnait. Au Nouveau-Mexique ce fut Ottmar Liebert et en Californie, Gregory Porter que j’écoutais en conduisant sur les immenses routes américaines ! Quel bonheur ! À Paris, je ne conduis pas mais je bois des chocolats chauds… Ils seront mes madeleines de Proust !

 

Seigneur, béni sois-tu de me combler de tant de grâces ! Puisses-tu combler chaque être !

 

Le Duc des Lombards

 

À 19h30, la scène du Duc des Lombards s’anime avec le Dexter Goldberg Trio… Un régal ! Je passe une charmante soirée dans une ambiance détendue. J’aime beaucoup la musique que j’entends mais aussi le public qui compose l’assistance. Les gens se parlent facilement même s’ils ne se connaissent pas. J’ai l’impression de faire partie d’une grande famille universelle… La famille des amateurs de jazz… J’adore !

 

Qui a dit que les citadins et, particulièrement les parisiens, sont agressifs et stressés ?

 

Waka Waka !

 

Il est presque minuit et je me dirige vers la ligne 9 direction Pont de Sèvre, lorsque j’entends de la musique… Ce n’est pas Shakira mais c’est encore mieux ! Des jeunes filles s’arrêtent pour danser avec le musicien qui chante Waka Waka…

 

Qui a dit que les villes sont inhumaines et froides ?

 

 

Argentée…

 

J’arrive à l’appartement à minuit. La Tour Eiffel scintille une dernière fois avant de se fondre dans la nuit… Je suis touchée d’assister à ce salut final… Bonne nuit, ma reine !

 

Demain matin , tu seras la première que je saluerai !

 

Mardi 18 mars - Musée Rodin

 

Le ciel est bleu, le soleil brille et l’air frais me vivifie ! Je pars d’un pas joyeux visiter le Musée Rodin. Je n’ai jamais vu son travail en vrai et j’ai hâte de le découvrir, certaine que je serai conquise…

 

Je commence par faire le tour du parc inondé de lumière. De nombreuses statues sont disséminées dans cet espace. Je croise d’abord le Penseur posé en hauteur sur un socle imposant… Cette mise en scène m’interroge… Je la trouve un peu pompeuse… Je poursuis… Je tombe sur une statue, puis, deux, trois… Je suis heurtée par l’emploi que Rodin fait de la nudité masculine ! Je la trouve injustifiée, surtout lorsque je vois deux représentations de Victor Hugo… Nu ! Quelle étrange idée ! Je me dis alors que ce choix de l’artiste devait correspondre à la mode de son temps…

 

Dans une allée, je marche au milieu de statues exprimant la tristesse, le désespoir, le tourment… Il me tarde d’arriver au bout de cet enfer lorsque j’aperçois une oeuvre en hommage à Balzac… Je reste bouche bée ! Comment peut-on affliger un homme de tant de laideur et de prétention ?

 

Avant de quitter le parc, j’observe mon ressenti… J’ai l’impression d’avoir traversé des oeuvres imprégnées d’une époque au cours de laquelle les hommes avaient tous les pouvoirs et un orgueil débordant… Le travail de Rodin me semble complètement démodé…

 

À moins que je ne comprenne pas ce qu’il a voulu exprimer ?

 

Un peu de délicatesse…

 

À l’intérieur du musée, je respire un peu… Les œuvres présentées ici me semblent moins agressives, moins viriles, moins tourmentées… Je croise même des bustes empreints de délicatesse. J’en suis ravie mais pas transportée… J’apprécie particulièrement le traitement varié des regards. Certains sont représentés de façon réaliste, d’autres sont à peine ébauchés… Mais il traduisent tous avec justesse une émotion, un caractère, une humeur… 

 

Bien sûr, Camille Claudel est présente au travers d’une série de masques en plâtre et d’un buste exprimant l’attente… Est-il le témoignage d‘une situation vécue par l’artiste au cours de sa relation avec Rodin ?

 

Le Parc Montsouris

 

 

« Le Parc Montsouris c'est le domaineOù je promène mes anomaliesOù j'me décrasse les antennesDes mesquineries de la vieY a même un kiosque à musiqueOù des militaires jouent à moitié faux

Je vis pas ma vie, je la rêveLe soleil se lève et moi aussiC'est comme une maladie que j'aurais chopée quand j'étais tout petitEt qui va pas m'lâcher avant qu'j'en crève

Le facteur, le coursier et les belles de nuitLes éboueurs m'interpellent"Eh Jacques, qu'est-c'tu fous encore debout à c't'heure-ci"

Je vis pas ma vie, je la rêveC'est comme une maladie que j'aurais chopé tout petit

Quand l'parc Montsouris ramène sa fraiseLes matins où l'soleil vous mord la peauLe dos collé à la chaise, les pieds au bord d'la pièce d'eauÇa m'rappelle cette valse autrichienne que papa jouait en rentrant du boulot

Mon cœur est déchiré, séparé du tienJ'me sens comme un routier entre loup et chienLa vie c'est c'qui vous tombe dessusToujours au moment où on n'y croit plus

Ma coupe est pleine de nostalgieDevant l'comptoir du tabac MontsourisLes clodos, le livreur, la marchande de journauxM'offrent un pot, m'interpellent"Eh Jacques, eh tu viens d'te lever ou tu rentres te coucher"

Je vis pas ma vie, je la rêveLe soleil fait la grève et moi aussiC'est comme une maladie que j'aurais chopée quand j'étais tout petitEt qui va pas m'lâcher avant qu'elle m'achève »

 

Jacques Higelin.

 

Merci pour ces magnifiques paroles, pour ta belle énergie… Merci d’avoir traversé nos vies en chanson… Merci pour ce que tu as été… Même avec le succès, un saltimbanque, toujours. 

Ballade enchantée

 

Je me suis promenée avec tes paroles dans ce vaste parc où je suis venue te rendre hommage. Je m’arrête un instant devant la plaque « Allée Jacques Higelin » et des larmes me viennent… Je comprends pourquoi tu aimais tant cet endroit.

 

Je poursuis mon chemin en murmurant… Je vis pas ma vie, je la rêve… Je lève les yeux vers les immeubles qui bordent le parc. Dans lequel d’entre eux habitais-tu ?

 

Mon regard poursuit sa route vers le ciel et je pense à la jolie formule d’Izïa… « Joyeux anniverciel Papa ! ». Peut-être es-tu près de mon papa ? Dis-moi, est-il heureux ?

 

Je l’espère de tout mon cœur…

 

 

Mercredi 19 mars - Musée Marmottan Monnet

 

Ce matin, je descends du bus 63 à la Porte de la Muette pour visiter le Musée Marmottan Monet.

 

J’en avais entendu parler lors d’un cours d’histoire de l’art à l’université… Je me revois dans cet amphithéâtre… Bien que vivement intéressée par ce que disait l’enseignante, je ne me sentais pas à ma place dans cet univers qui me semblait étouffant… Comme chaque fois que je m’assois dans une pièce, je regarde où se trouve la fenêtre… Il n’y en avait pas ! 

 

J’ai besoin d’une fenêtre pour voir le ciel…

 

Berthe Morisot

 

J’ai aimé l’ambiance qui émanait des toiles de Monnet dans le grand espace qui lui est consacré mais là… Je suis conquise ! Quelle légèreté ! Quelle douceur ! Quelle grâce discrète ! 

 

J’aime les toiles de Berthe Morisot qui se déploient dans une petite pièce, comme un secret bien gardé… Voilà, le trésor de ce musée ! Je suis conquise par les couleurs de l’artiste qui vibrent comme des caresses de lumière sur les tissus, les peaux et les chevelures… J’aime ces sujets qui reflètent un instant d’une vie. Ils m’inspirent de la sérénité.

 

Bravo Berthe !

..

 

Renoir & co…

 

Le Musée Marmottan Monnet est constitué de collections diverses. J’ai pris en photo les œuvres qui m’ont touchée, dont un portrait de la fille de Monnet peint par Renoir. 

 

J’aime son regard qui semble se perdre dans un rêve, une pensée, presque une interrogation. Je retrouve cette sensation de regard lointain dans ceux des vierges ci-dessous qui rayonnent de lumière divine… 

 

Il me semble qu’une personne dont l’âme est emplie de lumière divine doit avoir cette intensité, même dans les ténèbres. Mais peut-être que seul le Christ trouve son chemin dans les profondeurs de l’obscurité ? 

 

Je me suis déjà perdue. Alors, je vais à sa suite car il sait où il m’emmène…

 

La Pelouse de La Muette

 

Le nom de cette partie du Bois de Boulogne me plait ! Je suis ravie des paysages que j’y découvre… Ils s’étendent à perte de vue et j’oublie Paris ! Je me promène le long de la rivière pendant une demi-heure environ, puis, je me dirige vers la Fondation Louis Vuitton à une vingtaine de minutes de marche.

 

La Fondation Louis Vuitton

 

Je traverse le bois de Boulogne où je croise de nombreuses personnes qui se promènent seules ou en famille et des sportifs… Quel délice de voir le ciel à travers les branches nues des arbres et de sentir les rayons tièdes du soleil sur ma joue !

 

Je sors d’un chemin de terre et aperçois une voile de verre… Des amis m’avaient parlé de l’architecture incroyable de la Fondation Louis Vuitton. En effet, c’est une œuvre d’art ! 

 

Bravo Franck Gehry !

Inside the Horizon

 

Dans le billet d’entrée est inclus une visite guidée de la Fondation Louis Vuitton. Elle dure vingt minutes, c’est parfait ! J’ai envie de voir cette incroyable architecte de plus près mais aussi de profiter du soleil !

 

Au sous-sol, je découvre une pépite ! La création grandeur nature d’Olafur Eliasson, un artiste islando-danois, intitulée « Inside the Horizon ». Il s’est inspiré des paysages de son pays en mêlant le verre soufflé jaune et les miroirs industriels. Un fond sonore accompagne le visiteur. J’ai l’impression de me promener sur un glacier ! Je suis sous le charme !

 

J’aime ces expériences immersives très à la mode de nos jours. Elles proposent des œuvres de dimensions colossales qui donnent accès à des sensations inédites.

 

Bravo Olafur !

Le Jardin d’Acclimatation

Il est presque 13h… J’ai faim et soif ! Je cherche un snack dans le Jardin d’Acclimation… Dans la salle, je m’installe près d’une prise pour charger mon portable… Sinon, plus de photos !

 

Je me retrouve au milieu de familles avec des enfants en bas âge et j’en suis ravie ! J’admire la patience des parents et la fantaisie des enfants… Et je savoure la solitude qui m’enveloppe de calme dans cet essaim vibrant de vie ! 

 

J’aime être seule au milieu des gens. Je me sens libre ! 

 

Jeudi 20 mars - Musée Delacroix

 

Aujourd’hui, je pars pour une longue journée à la découverte du 6ème et du 5ème arrondissement. Un vaste programme qui commence avec la visite du Musée Delacroix. 

 

En arrivant rue Fustenberg, je suis charmée ! En observant ce qui ressemble à une place, je m’interroge… Lorsque je discuterai avec une personne qui travaille au Musée Delacroix, j’aurai la réponse… 

 

Des écuries

 

L’immeuble où vivait Eugène Delacroix abritait des écuries. Cela explique la forme de la place et surtout la surélévation de son îlot central. J’imagine le bruit qu’il devait y avoir ici à l’époque du peintre ! De nos jours, nous nous plaignons de la gêne sonore causée par les voitures, de la pollution et de toutes les nuisances qu’elle apporte mais je suis certaine que ce n’était pas mieux avant… Le crottin de cheval, le martèlement des sabots sur les pavés, les hennissements, les cris des cavaliers et des cochers et j’en passe ! 

 

Cette rue Fustenberg qui est très calme en ce lumineux matin de mars devait être prise de frénésie à cette même heure en 1863. Les choses changent et les humains ont la mémoire courte !… Ou plutôt sélective ?

 

Nous retenons ce qui nous arrange…

 

Intérieur

 

Nous pouvons voir le salon, la chambre et la salle à manger où a vécu Delacroix les dernières années de sa vie avec sa gouvernante. Dans son testament, il avait prévu de la reloger rue Mabillon et de lui léguer ses plus beaux meubles. Il avait également acheté une concession pour elle, à proximité de sa tombe au cimetière du Père Lachaise.

 

Delacroix devait beaucoup apprécier sa gouvernante pour souhaiter être enterré près d’elle…

 

Côté jardin

 

L’atelier de Delacroix vu du jardin qu’il louait, tout comme l’appartement mais dont il avait demandé l’usufruit exclusif au propriétaire. J’apprécie le calme qui règne ici…

 

Le Collège des Bernardins

 

Je suis enchantée de découvrir le Collège des Bernardins dont j’ai entendu parlé dans les interviews de Gad Elmaleh. Il a fréquenté ce lieu lorsqu’il suivait des cours de théologie. 

 

Je fais quelque pas sous les voûtes de pierres blanches… Je sens mon plexus solaire se déployer… C’est bon signe ! Je suis au bon endroit ! Pourquoi ? Je ne le sais pas encore mais je le sens, c’est l’essentiel. Le reste viendra en son temps… Sur un écran, je lis le programme de la semaine. Ce soir, une conférence est prévue. Je prends un billet ! Je sens qu’il faut que je reste un peu ici… L’aventure des Bernardins commence !

 

La conférence est à 19h30 ce qui me laisse du temps pour aller à Montmartre. Mais avant, je profite du Collège et de son oratoire où je me recueille un instant. 

Tolkien au Bernardins

 

Une certaine agitation règne au fond du hall. En effet, une exposition est en train de se monter, intitulée « Aubusson tisse Tolkien ». Je me demande pourquoi cette exposition se déroule au Collège des Bernardins ?… Quel est le lien entre un lieu religieux et Tolkien ? Je ne suis pas une amatrice du Seigneur des Anneaux et je n’ai certainement pas compris le message délivré par son auteur. 

 

Une pancarte explique que Tolkien développe dans son oeuvre des thématiques proches des valeurs chrétiennes, telles que le sens de l’amitié, le courage, le partage, la détermination… Pourquoi pas ?

 

Orange Juice

 

Je me sens bien sous ces voûtes blanches empreintes de force et de délicatesse. Je reste encore un peu dans cette douce lumière qui me rappelle les vitraux de Pierre Soulages dans l’abbatiale de Conques. Je sirote un jus d’orange pressé dans cette ambiance paisible… Mon plexus solaire est heureux !

 

Café des Deux Moulins

 

Je descends du bus 21 et me dirige vers la rue Lepic. Je m’arrête au Café des Deux Moulins où a été tourné Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain. Je suis heureuse d’être ici ! 

 

Ce film est sorti en 2001 et a marqué ma génération. J’avais 26 ans et de nombreuses filles de mon âge ont imité Amélie. Son style vestimentaire, sa coupe de cheveux, son regard rêveur… Amélie incarnait une façon moderne et douce d’être une jeune femme. Et puis, je crois que nous avons toutes soupirées devant le regard tendre et un perdu de Matthieu Kassovitz… Nous aurions toutes voulu rencontrer un Nino Quinquampoix… Amélie a une particularité qui fait sa modernité. Elle dirige l’histoire d’amour qu’elle veut vivre avec l’homme qu’elle a choisi. Elle est une héroïne romantique et une femme d’action. Le modèle idéal dont raffole notre époque !

 

À nouveau, je sirote un jus d’orange pressé et un immense bonheur m’envahit ! Il y a si longtemps que je n’avais pas flâné aux terrasses des cafés ! Soudain, quelque chose en moi se détend… J’ai le temps, rien ne presse…  Je suis bien. 

 

Avant de partir, j’ai une pensée pour Audrey Tautou… Ses grands yeux noirs me manquent. Elle apportait un souffle nouveau dans chacun de ses films. Une fragilité teintée de force avec une pointe de désinvolture que j’aimais. Elle a souvent été comparée à Audrey Hepburn pour son physique. Ce qui me semble commun au jeu de ces deux actrices est leur présence. Elles possèdent une intensité intérieure qui m’emporte.

 

Bravo Audrey et Audrey !

 

La rue Lepic et suite…

 

Je quitte le Café des Deux Moulins un peu émue… Je me promène dans Montmartre avec un sentiment de nostalgie. L’évocation d’Amélie Poulain m’a plongée dans mes vingt ans… Trente après, je me demande toujours si un Nino Quincampoix existe quelque part ? Peut-être est-ce ma destinée de rêver à l’existence d’un Nino ?

 

Dans la vie, il se peut que le charme sensible d’un Nino Quincampoix se dissolve à l’abrasion du quotidien et du temps qui passe… D’ailleurs, quel âge a Matthieu Kassovitz aujourd’hui ? 57 ans… Lui aussi se fait rare et c’est dommage… Il me semble que certaines actrices ou certains acteurs prennent toute la places alors que d’autres, plus discrets, plus sensibles apparaissent et disparaissent. Pourtant, ils portent à l’écran une émotion singulière… Pas calibrée.

 

Dans ce registre, je pense aussi à Marie-Josée Croze, Hypolyte Girardot, Pascale Arbillaut, Pascal Elbé, Deborah François, Sami Bouajillah…  J’ai tant de plaisir à savourer vos jeux d’acteurs… Revenez vite, vous me manquez !

 

Le Café de la halle Saint-Pierre

 

Au pied du Square Louise-Michel, se niche un lieu de culture dans une ancienne halle. Dans cet espace se trouve une librairie dédiée à l’art, des expositions et… un café ! 

 

Exposition

 

J'arrive au Café de la Halle Saint-Pierre un peu avant la fermeture. Je fais le tour de la libraire et de l’exposition dont les couleurs m’attirent. Je découvre des œuvres empreintes de sensibilité et d’originalité qui me touchent. J’apprécie les présentations de chaque artiste qui permettent d’approcher l’intimité de leurs créations.

 

Loin des grands musées, je suis ravie de cette découverte humaine et charnelle !

 

Collège des Bernardins Bis !

 

À 19h30, je m’assois dans une salle du sous-sol appelée « Cellier ». Je m’apprête à assister à une conférence intitulée « Yeshiva : juif et chrétien ». 

 

L’an dernier, j’ai suivi un parcours In Théo à l’évêché d’Albi. Cette année d’études bibliques m’a amenée à m’interroger sur les sources juives de la Bible. Cette conférence tombe donc à point nommé ! Un rabbin et un prêtre interviennent à tour de rôle sur le même passage figurant dans la Bible et la Torah. Chacun apporte son interprétation à la lumière de sa foi. Ce dialogue inter-religieux est passionnant même si je ne comprends pas tout… En effet, cette conférence s’inscrit dans un cycle annuel qui s’achèvera la semaine prochaine. 

 

Je retiens une chose essentielle qui conforte ma réflexion du moment. Après avoir crée le monde, Dieu se repose. Ce retrait de Dieu permet à l’humain d’apparaître. Dès lors, Dieu attend de nous que nous agissions pour faire de ce monde et de nous-mêmes le réceptacle de son existence. Le rabbin explique que c’est la raison pour laquelle la construction du Temple est centrale dans la foi juive. Je me souviens alors d’un passage de la Bible où il est dit que l’église de Dieu est en nous. Nous n’avons pas nécessairement besoin de construire une église pour que Dieu soit là. Il vit en nous. Je me reconnais dans cette idée !

 

Avant la conférence, ma voisine et moi avions un peu échangé. Jeanne avait été émue lorsque je lui avais dit que je venais de Toulouse. Les yeux perdus dans le lointain et un sourie aux lèvres, elle m’avait confié : « Mon mari aussi était de Toulouse… Il est mort en mai dernier… Ça fera bientôt un an… ». En l’écoutant, j’observais son profil qui ressemblait à celui de ma grand-mère paternelle… Mamie…

 

À la fin de la conférence, Jeanne me tend un papier sur lequel est écrit son numéro de téléphone. Nous allons nous revoir… J’en suis heureuse !

 

Vendredi 21 mars - Jamel Comedy Club

 

Depuis des années, je regarde le Jamel Comedy Club à la télé. J’y ai découvert Alban Ivanov, Fabrice Éboué, Thomas Ngijol, Doully et Blanche Gardin dont j’ai suivi l’évolution.

 

À l’époque de leurs débuts au JCC, Jamel Debbouze présentait le show. Bien sûr, aujourd’hui chacun suit sa route au cinéma et sur les planches. Cependant, je suis heureuse d’être dans cette salle qui est exactement comme à la télé ! Farid Chamek anime la soirée entouré entre autre, de Lala et Alexandra Roth qui sont des fidèles du JCC. J’aurais aimé voir Doully et Redouanne Harjane, qui faisait les premières parties de Gad Elmaleh, mais ils ne sont pas là ce soir ! 

 

Le style du JCC est d’échanger avec le public et je suis assise au premier rang… Farid Chamek fait le tour des personnes devant lui et s’aperçoit que je suis la seule à être venue… Seule ! Voilà une bonne accroche pour m’interpeller tout au long du spectacle ! Je me prête au jeu avec plaisir et j’apprécie son sens de l’improvisation.

 

Bravo les artistes !

 

Samedi 22 mars - Le Collège des Bernardins

 

Ce matin, je retourne au Collège des Bernardins pour assister à une conférence intitulée « Qu’est-ce que la respiration intérieure et la prière ? ». 

 

En traversant la grande salle d’accueil, je visite la partie de l’exposition de tapisseries ayant pour thème Tolkien que je n’ai pas vue jeudi. La parité gauche est réservée à la lecture du Seigneur des Anneaux qui débute à 13h, se poursuivra dans la nuit et s’achèvera demain à 10h. Je suppose que cet évènement attirera de nombreux amateurs de cette saga !

 

Cela amène une interrogation… Si une lecture de la Bible pendant 24h était proposée qui serait intéressé ?

 

Redécouvrir le sens de la vie…

 

 

« Des choses secondaires, ils voulaient passer aux réalités essentielles, à ce qui, seul est vraiment important et sûr. »

Benoît XVI, Discours au monde de la culture Collège des Bernardins, 12 septembre 2008.

 

 

La conférence « Qu’est-ce que la respiration intérieure et la prière ? » dispensée par le Père Laurent Stalla-Bourdillon confirme ce que je comprends ces derniers temps de façon intuitive. Le Père construit son discours à partir d’un document qu’il nous fournit intitulé « Redécouvrir le sens de la vie, le Saint Esprit ». Voici ce que j’en retiens…

 

Le sens de la vie

- Le sens de la vie n’est pas pré-donné, il nous est demandé de le chercher,

- Le Créateur nous a fait à son image, il est créateur, nous aussi,

- Chaque humain se demande : « Qui suis-je ? Qu’est-ce que je fais là ?… Qui va me le dire ? Qui va me donner une réponse ? ». Nous sommes une question vivante. Nous sommes une question pour nous mêmes,

- Quelle est la vérité au sujet de ce que je suis ? J’ai besoin de cette vérité. Il faut accueillir la vérité,

- Quel est le sens de l’amour de Dieu pour les humains ? Dieu vient vers nous pour nous libérer de l’imaginaire et de l’arbitraire, pour que nous nous connaissions dans notre grandeur et notre vérité,

- Nous ne pouvons pas vivre sans faire confiance. La foi et la confiance ont la même racine. La foi est la réponse de l’humain à Dieu qui révèle,

- La conscience de la filiation divine, thème central de la Bible, est ce qui transcende notre matérialité et qui vient de Dieu,

- Nous sommes, ainsi que le monde, la matérialisation d’une réalité invisible à travers le visible. L’esprit de l’humain est en attente de quelque chose qui lui manque,

- L’esprit humain est le lieu où Dieu peut s’installer.

 

La respiration

La respiration est inhérente à l’existence. Le Père insiste sur le premier mouvement qui est l’inspiration. Ce terme a deux sens, l’un mécanique, l’autre spirituel, inspirer et être inspiré. En inspirant, je prends de l’air nouveau qui alimente mes poumons et mon corps. En inspirant, je permet à l’Esprit Saint d’entrer en moi. Cette présence de l’Esprit Saint en moi est celle de Dieu.

L’expiration correspond à un mouvement de décompression physique et spirituelle. Nous avons besoin de vider nos poumons mais aussi notre esprit. Les moments de vide sont des espaces dans lesquels nous pouvons être créatifs. Avec l’expiration vient la parole. Elle nous permet de créer un lien avec l’autre et nous dévoile. Quand je parle, je donne à voir qui je suis.

 

La prière

La prière permet de rencontrer l’amour de l’esprit de Dieu. Prier, c’est dire : « Seigneur, je veux que ton Esprit vienne dans mon esprit. ». Dieu compte sur nous et nous comptons sur Lui pour que quelque chose s’accomplisse en nous. La prière permet de penser avec l’Esprit de Dieu. Le Père Laurent pose cette question dont je partage la réponse : «  Est-ce que quelqu’un peut découvrir Dieu en moi ? Oui. ».

 

« Nous respirons l’air de notre temps. »

Marielle Macé, Respire.

 

 

Je conclus avec cette phrase qui m’a beaucoup parlé. En effet, il me semble qu’il est vital d’être attentif à ce qui se dit dans notre société mais aussi entre les personnes. L’air d’une pièce peut très vite être saturée de paroles négatives, racistes, sexistes, suspicieuses, médisantes ou nourries de colère qui rabaissent plus qu’elles n’élèvent.

Je pense que nous portons tous ces tendances en nous de façon, plus ou moins exacerbées, et les détecter nécessite de la vigilance. Qu’elles viennent de soi ou des autres, il me semble préférable de s’en éloigner et d’assumer son choix. Il faut éviter de les « respirer », selon l’expression de Marielle Macé.

 

Nous avons en nous la capacité de nous élever, saisissons-la !

 

Sur un nuage…

 

Je rentre au 77 Avenue Henri Martin heureuse de ce que la conférence à laquelle je viens d’assister éveille en moi. En arrivant, je prends une photo de ce magnifique ciel nuageux qui couronne Paris. L’air s’alourdit annonçant l’arrivée d’un orage… En attendant l’averse, je contemple la course des nuages…

 

Chaque chose en son temps !

 

 

Dimanche 23 mars - Musée Guimet

 

Aujourd’hui, il pleut et j’ai très envie de découvrir le Musée Guimet spécialisé dans les arts asiatiques situé à 15 minutes à pied de l’avenue Henri Martin.

 

Dès mes premiers pas dans ce lieu, je suis ravie par la beauté des statues vietnamiennes et cambodgiennes qui sont exposées au rez-de-chaussée. Il en émane une grâce, une douceur et une harmonie que j’ai rarement ressenties… Ce musée est une merveille !

 

Je poursuis ma visite au premier étage avec des oeuvres venues de l’Himalaya, d’Inde et d’Afghanistan. Puis, au second étage avec la Chine et le Japon. Je suis fascinée par le changement qui s’opère dans la représentation des visages des Bouddhas. La posture est souvent similaire mais les traits rappellent ceux des personnes qui vivent dans ces contrées. Quelle beauté !

 

Inévitablement, je pense à Massoud qui avait pleuré lors de la destruction des Bouddhas de Bâmyân par les talibans en 2001. Dans un livre, sa femme raconte que, suite à cet événement, Massoud avait pleuré et dit qu’un pays dont on détruit la culture est perdu. 

 

Avait-il tort ?

 

Théâtre du Petit Saint-Martin

 

À 18h, me voilà assise au premier rang pour voir « Des Fleurs pour Algernon » avec Grégory Gadebois. Ce comédien a eu des rôles qui m’ont beaucoup touchée dans des films tels que Délicieux, Louise Violet et Présidents. Il est toujours excellent ! 

 

J’ai hâte de découvrir son jeu dans ce petit théâtre où la scène est surélevée. C’est très émouvant d’être à la même hauteur que les acteurs. Ils vous regardent dans le yeux, vous parlent directement, sans fard… Je vois tout… Chaque goutte de sueur, les hésitations, les erreurs dans le texte, les émotions… Et c’est merveilleux ! Je vis et respire avec vous, cher Grégory Gadebois !

 

Je crois qu’il faut beaucoup d’humilité pour accepter cette mise à nu ! Ici, l’acteur n’est pas un héros mais un homme qui fait vivre un autre homme à travers lui…  Bouleversant !

 

Bravo !

 

Trocadéro by night

 

Je sors du théâtre à 19h30 et descends au Trocadéro pour prendre l’air et un bain de foule ! Quelle joie de trouver l’esplanade animée en ce dimanche soir ! Je sens à quel point l’énergie de tous ces êtres est vitale pour moi… J’ai besoin de leurs visages, de leurs rires, de leurs voix, des sonorités de leurs langages… J’ai besoin de vous, chers humains !

 

Je vous aime !