Paris Beauté
Du 24 au 31 mars
Mardi 25 mars - Le Palais Garnier
En m’aventurant dans le Palais Garnier, je constate que je n’avais pas imaginé le faste de l’endroit. L’intérieur du bâtiment regorge de dorure, de lustres et de fresques aux plafonds… Je suis d’abord subjuguée par l’escalier monumental qui m’accueille. Puis, j’éprouve une légère oppression… Je me demande si elle est due au nombre impressionnant de visiteurs qui foule les parquets cirés ou à l’abondance de dorures et de détails… Ce lieu me paraît magnifique mais un peu trop ostentatoire. Il me semble que tout est fait pour que le visiteur soit impressionné… Du coup, l’effet retombe.
Mais l’effet ne retombe pas pour tout le monde ! Loin de là ! Les jeunes filles japonaises, en particulier, semblent ravies de se faire photographier avec l’escalier pour décor. Nombre d’entre elles se sont d’ailleurs vêtues comme des princesses pour l’occasion. Je les trouve touchantes ! Je fais alors un constat… Je suis française et je connais ce faste. Il n’a rien d’exotique, en somme !




Les princesses
J’observe ces jeunes filles et je suis heureuse de voir à quel point elles semblent satisfaites de se faire photographier au Palais Garnier. Je suppose qu’elles ont développé un imaginaire, peut-être un fantasme autour de ce lieu, qui m’est étranger. Que dit-on du Palais Garnier dans leurs pays ?
En les regardant, même si le palais ne date pas de l’époque de Louis XVI, je songe que nous lui avons coupé la tête parce que nous lui reprochions cette abondance de luxe…
Autre temps autre mœurs…





Les Bijoux de Scène
Des bijoux de scène restés intacts sont exposés au Palais Garnier. En découvrant leur beauté, je parcours l’histoire de France et voyage à à travers le monde. Je comprends à quel point les bijoux et tout ce que nous choisissons de porter reflètent ce que nous sommes, nos références culturelles et religieuses, nos appartenances sociales et l’influence de l’époque dans laquelle nous vivons.
Aujourd’hui, le bijou de scène est souvent incorporé au costume. En effet, les moyens techniques permettent au public de comprendre qui sont les personnages sans que cela soit signifié par un accessoire. Je pense aux péplums américains tels que Cléopâtre, que j’ai vu de nombreuses fois. Ce film hisorico-hollywoodien regorge de détails qui n’ont rien à voir avec l’antiquité égyptienne… Et pourtant, il me captive toujours car il est somptueux ! La Cléopâtre interprétée par Liz Taylor est une héroïne moderne inspirée de notre époque ainsi que la façon dont elle vit son histoire d'amour avec Marc Antoine.
De. beaux comédiens parés de beaux costumes, dans de beaux décors vivants une belle histoire d’amour, n’est-ce pas ce que nous voulons, parfois ?
Le Musée d’Orsay
Je viens pour la première fois au Musée d’Orsay. Je fais un vœu en pensant à ma grand-mère qui me disait à l’aube de ses quatre-vingt dix ans : « Plus rien n’est neuf pour moi… Je n’ai plus de première fois… C’est important, les premières fois, tu sais… ». Oui, Mamie, je sais…
Viens, nous allons visiter le musée ensemble…
Les orientalistes
Ce musée est incroyablement riche ! De salle en salle, je me délecte de la beauté qui se déploie ici ! Au premier étage, je commence par les orientalistes que j’aime beaucoup. Les lumières africaines et, en particulier, celles du désert me fascinent. Il y a quelque chose d’absolu… De totalement présent et, en même temps, de tellement immense que je suis dépassée. Dans le désert, je touche Dieu du doigt !
C’est beau…
Les portraits
Les visages des gens me fascinent… J’aime particulièrement les regards. En contemplant ces portraits, je me souviens de la célèbre phrase disant que les yeux sont le miroir de l’âme…
Que vois-tu de mon âme dans mes yeux ? Semblent me demander ces visages…
Les scènes de genre
Quelques tableaux célèbres
Toulouse-Lautrec
Quelques sculptures
Paul Gauguin
Vincent Van Gogh
Odilon Redon
Paris vue du Musée d’Orsay
En traversant le Jardin du Luxembourg
En allant prendre le métro pour me rendre au Duc des Lombards, je traverse le Jardin du Luxembourg nimbé d’une douce lumière de crépuscule… Je flâne un moment en goûtant la douceur de l’air et la tranquillité du jardin qui se vide peu à peu de ses visiteurs… Cette atmosphère est comme une mise en bouche de la soirée qui va suivre…
Cool jazz !

Le Duc des Lombards Bis
À 19h30, je suis installée sur un des tabourets du Duc des Lombards. J’y étais venue lundi dernier et j’avais beaucoup aimé l’endroit et la musique du Dexter Goldberg Trio.
Aujourd’hui, une autre formation monte sur scène. Entre les quatre garçons, une jeune bassiste prend place et commence à jouer… Waouh ! C’est du lourd ! J’aime beaucoup la basse mais là, j’adore ! Cathy Curly apporte aux morceaux une profondeur qui se marie à merveille avec la légèreté du vibraphone… Au départ, j’étais venue pour écouter le vibraphone… Je reste pour savourer la basse ! Au deuxième set, une chanteuse rejoint le groupe. Elle nous transporte dans les clubs new-yorkais ! Décidément, j’aime le jazz !
Bravo !
Mercredi 26 mars - L’École des Arts Joailliers
À 17h, je descends à Richelieu-Drouot pour me rendre à l’École des Arts Joailliers de Paris. J’avais vu l’affiche de l’exposition « Paris, Capitale de la Perle » dans la rue. La visite est gratuite mais il faut réserver un créneau horaire… Et s'y tenir !
Je monte au premier étage de l’école. L’exposition s’ouvre sur une salle où est disposée une grande quantité de perles que nous sommes autorisés à toucher… Elles sont douces et lisses même si leur qualité est médiocre. Ensuite, je parcours les deux salles où sont disposés des bijoux de perles fines d’une valeur inestimable. Certains d’entre eux ont appartenus à des personnes, d’autres font partis de la collection de joailliers, notamment Van Cleef et Arples qui sont propriétaires de l’école.
Une jeune fille élève à l’École du Louvre me narre des anecdotes liées au monde de la perle. Elle me dit que pour donner une idée de la valeur des perles, elle cite l’exemple de Cartier qui avait obtenu un hôtel particulier à New York pour en faire le siège de sa société en échange d’un collier de deux rangs de perles fines… Ensuite, elle m’explique que la pêche de perles fines est règlementée de façon drastique suite aux excès des années folles. Aujourd’hui, seule le famille Mattar a le droit de pêcher des perles à Bahreïn. Celle-ci emploie pour quelques sous des pêcheurs qui n’ont pas le droit d’ouvrir les huîtres qu’ils récoltent. De surcroît, ils deviennent rapidement sourds à force de plonger. Les perles sont réservées à l’usage de la joaillerie dont cette famille est propriétaire…J’apprends aussi que le titre de l’affiche « Paris, Capitale de la Perle » est une réalité. Au début du siècle dernier, la France a obtenu le monopole des achats de perles et donc de leur transformation…
En contemplant certains bijoux, je suis perplexe. Les plus imposants d’entre eux ont l’air tout à fait inconfortables à porter… Et pourtant, nombre de femmes seraient ravies d’en être parées. Faut-il souffrir pour être belle ?
D'où provient la beauté d'une personne, de son apparence ou de son âme ?
La Scala Paris
En sortant de l'exposition, je marche jusqu’à La Scala Paris qui se trouve en face du Théâtre Antoine où j’avais vu « Inconnu à cette adresse » quelques jours après mon arrivée. Je suis heureuse de m’installer dans cette petite salle moderne dont la scène est dépouillée… Mais elle ne va pas le rester ! Arianne Ascaride va arriver les valises de toute une vie et les ouvrir une à une…
Arianne Ascaride nous parle de sa vie et de sa famille. Pour décrire le climat dans lequel vivaient ses parents, elle dit : « Le silence était tellement violent que j’aurais préféré des cris… ». Elle évoque une période au cours de laquelle elle vivait avec sa mère. Chaque jeudi matin, un de ses frères la garde pendant que sa mère travaille… Et tous les jeudis matins, le cauchemar recommence. Elle ajoute qu’au bout d’un moment, les jeudis ne lui suffisaient plus. Il la coinçait dès qu’il pouvait jusqu’à ce qu’il se désintéresse d’elle quand elle a eu neuf ans. Quelle force a-t-elle trouvée pour survivre ? Quelle force nous pousse à vivre malgré les épreuves ?
Avec tout mon respect pour ceux qui luttent.


Jeudi 27 mars - Le Parc des Buttes Chaumont
Je débute cette journée au Parc des Buttes Chaumont dans le XIXème arrondissement. Un magnifique soleil se lève peu à peu sur ce lieu bucolique doté d’une histoire assez particulière…
Du Moyen-Âge au XIIème siècle, se dressait ici le gibet de Montfaucon où étaient exposées au public les dépouilles des condamnés à mort. Puis, la colline fut une décharge publique avant de devenir une carrière de gypse et le centre d’équarrissage parisien. Il régnait ici une odeur pestillencielle ! Mais ce n’est pas tout… Dans le joli lac au long duquel je me promène, les corps de 300 communards ont été jetés en 1871. Quant au joli pont qui surplombe le lac, il se nomme « Le pont des suicidés »… En sillonnant les allées du parc, je me dis que la paix disparaît vite dans les détours de l’Histoire.
Combien de temps la paix dont je jouis en ce lumineux matin de printemps durera-t-elle ?
Le Pavillon du Lac
En passant devant ce restaurant, je suis séduite par la façade ornée de fleurs et les tables disposées au soleil. L’air est frais et je suis heureuse de déguster un chocolat chaud en terrasse.
Des groupes d’enfants des écoles et collèges avoisinants, accompagnés par de leurs enseignants, courent et jouent dans le parc. Quelle bonne idée de les amener dans ce magnifique espace !
La transformation de ce site est liée à l’extension de Paris qui mis un terme à l’activité d’extraction du gypse. En effet, Napoléon III souhaitait doter la ville d’un réseau d’espaces verts, peu nombreux au XIXe siècle. C’est ainsi que le baron Haussmann chargea Adolphe Alphand de mener à bien la conception et la réalisation du parc qui fut inauguré en 1867.
Lors de son exil en Angleterre, Napoléon III avait été séduit par les parcs londoniens conçus sous l’influence des thèses hygiénistes. L’empereur souhaitait offrir à Paris des lieux ouverts à tous, indépendamment des classes sociales et métamorphoser la ville, alors asphyxiée, en cité verte.
Je pense au projet d’Anne Hidalgo qui souhaite végétaliser plus de 300 hectares. La week-end dernier, les parisiens étaient appelés à voter. Paris est-elle toujours asphyxiée ?
Le Quartier de la Mouzaïa
Au-dessus du Parc de la Butte Chaumont, se trouve le quartier de la Mouzaïa. Ce nom aux consonances exotiques attire mon attention. Il fait référence à une gorge algérienne où des combats ont eu lieu pendant la colonisation française.
Je découvre des ruelles, nommées villas, bordées de maisonnettes serrées les unes contre les autres. En flânant d’une villa à l’autre, un monsieur me dit : « C’est joli ?… ». Je lui réponds que oui et nous entamons une discussion fort intéressante. En effet, ce monsieur travaille dans ce quartier depuis 1984. Il est artisan du bâtiment et a rénové de nombreuses maisons ici. Il m’explique que la Mouzaïa est un ancien quartier ouvrier construit sur des carrières de gypse. De son point de vue, ces maisonnettes sont très mal isolées et les propriétaires actuels n’ont pas les moyens d’effectuer des travaux de qualité. Il s’exclame ; « Il ne faut pas croire que les gens sont riches ici ! Une petite maison comme ça vaut 1 million d’euros ! Celles qui sont en bas sont plus grandes et coûtent 2 million d’euros… ». Je lui réponds que, dans le Tarn où je vis, pour 1 million d’euros nous avons un château… C’est tout de même incroyable de payer de telles sommes pour vivre serrés les uns contre les autres sans véritable intimité puisque les voisins entendent tout ce qui se passe chez soi !…
Le monsieur poursuit en disant qu’il est portugais et qu’à Lisbonne les prix de l’immobilier flambent à cause des investisseurs français qui envahissent la ville… Je me souviens alors de ce beau pays qu’est le Portugal…
La Butte Bergeyre
Je quitte le quartier de la Mouzaïa et le monsieur reprend son travail. Je descends vers le Parc des Buttes Chaumont pour remonter vers la Butte Bergeyre… Décidément, cette partie du XIXème arrondissement est une vrai montagne russe !
La Butte Bergeyre fut une colline couverte de moulins du XVII au XIXème siècle. Le sommet où je me trouve lorsque je prends cette photo de Paris est restée vierge pendant longtemps. Il n’y avait que vaches et pâturage jusqu’à ce que le Sporting Club de Vaugirard y installe un stade de rugby, baptisé Robert Bergeyre.. Puis, en 1925 le propriétaire du terrain le vendit à un lotisseur immobilier.
Aujourd’hui, outre les habitations, la Butte Bergeyre comprend un jardin partagé ainsi qu’un petit vignoble, le clos des Chaufourniers, qui s’étale en contrebas du belvédère où je me trouve.
Je suis époustouflée par le vue qu’offre la butte sur le Sacré Cœur !
Le Quartier des Peupliers
Je descends à un arrêt proche de la place de l’Abbé Hénocque, dans le XIIIème arrondissement, où défile un balai incessant de voitures à cette heure de sortie des bureaux et des écoles. Je prends quelques photos et me faufile dans les ruelles adjacentes plus calmes. Mon périple m’amène à découvrir la rue Delafoy aux airs londoniens, le square des peupliers au charme suranné et la Butte-aux-Cailles populaire et colorée.
je monte et descends au gré de la topographie. Lorsque le bus pour prendre le chemin du retour vers le 16e arrondissement arrive, je suis bien contente de m'assoir pour reposer mes jambes ! Pendant que les rues de Paris défilent, je pense à l’histoire du quartier des peupliers et à sa rivière enterrée en 1912… En effet, la Bièvre fut victime de la pollution des industries, tanneries, teintureries, blanchisseries, boucheries, installées sur ses rives.
Je pense ces personnes qui disent qu’il y avait moins de pollution dans le passé qu’à notre époque… L’exemple de la disparition de la Bièvre indique que ce phénomène a toujours existé car il est lié à l’activité humaine. Cette rivière qui serpentait sur 5 km, entre le Vème et le XIIème arrondissement, était devenue un cours d’eau malodorant.…
À méditer…
La rue Delafoy
Le Square des Peupliers
Je marche le long de la rue des Moulins des Prés en imaginant ici un paysage foisonnant de moulins dont les pales s’actionnent au gré du vent…
Le fil de ma rêverie débouche sur le Square des Peupliers où règne le calme. Les maisons qui bordent les ruelles pavées ont conservé le charme d’une autre époque. Des touristes parcourent cet ilôt de paix avec un doux sourire.
Quelle grâce de voir la magie qu’opèrent certains lieux sur les personnes qui les traversent !
La Butte-aux-Cailles
En gravissant la rue de Pouy qui mène au sommet de la Butte-aux-Cailles, je m’interroge sur ce nom… Ici aussi, se trouvaient des moulins surplombant la Bièvre. Cette colline était recouverte de prairies, de vignes et de bois jusqu’à ce que Pierre Caille en fasse l’acquisition en 1543. Au XVIIe siècle est pratiquée l’exploitation minière des calcaires coquilliers mais le quartier est rendu insalubre par les multiples activités installées ici.
Il est intéressant de noter que les travaux d’urbanisation du second empire ont épargné ce lieu. En effet, les carrières ne permettent la construction de bâtiments lourds qu’après de coûteuses injections des vides de carrières. Cependant, la pénurie de logements a incité la ville de Paris à remblayer.
Vendredi 28 mars - Musée du Luxembourg
J’arrive au Musée du Luxembourg dégoulinante de pluie ! Je pose mes affaires au vestiaire et débute la visite de « Tous Léger ». J’aime beaucoup cette période de l’Histoire de l’Art durant laquelle les artistes ont bousculé les codes classiques. Certaines démarches artistiques peuvent sembler opaques ou choquantes. C’est pourquoi, je m’intéresse aux explications. Chaque création s’inscrit dans une époque et prend sa place à la suite de ce qui existe. Elle ne vient pas de rien !
« Tous Léger » m’a comblée d’une joie enfantine à la vue de ces couleurs et formes réinterprétées. Ces artistes jouent avec ce que notre temps propose. Leurs oeuvres sont comme une photographie d’ici et maintenant. Cette instantanéité s’applique à notre société mais aussi à l’univers psychique des créateurs. Je pense à Niki de Saint Phalle qui a produit des assemblages d’objets tranchants jusqu’à l’obsession. Cela faisait référence à l’inceste dont elle a été victime dans son enfance. Grâce à l’art, certaines personnes connues ou non ont survécu. L’art leur a donné les moyens de s’exprimer et de transcender leurs souffrances.
L’art sauve des vies !
Niki de Saint Phalle
Les Nanas créées par Niki de Saint Phalle m’amusent beaucoup ! Je retrouve cet univers enfantin qui me ravit. Il y a là une libération ! Les canons de beauté sont renversés, les couleurs vibrantes et la joie palpable… Je dirais même que je vois là une jubilation d’être au monde !
Bravo !
Théâtre de la Concorde
Je m’installe au Théâtre de la Concorde, prête à passer une soirée chez Agnès Jaoui. En effet, le concert s'intitule « Dans mon salon ». Je contemple l’espace chaleureux crée sur la scène lorsque l’alarme du théâtre retentit. Une voix nous demande d’évacuer la salle immédiatement. Je ne suis pas loin de la sortie et je me retrouve rapidement dehors… Les spectateurs affluent ainsi que les commentaires… Quelqu'un a-t-il fumé une cigarette, poser une bombe ?… Nous attendons… Puis, une voix nous informe que nous pouvons à nouveau rentrer… Chacun reprend sa place et après quelques réglages techniques, Agnès Jaoui apparaît accompagnée de ses amis musiciens et chanteurs.
Agnès Jaoui nous fait partager les musiques qu’elle aime. Nous traversons le temps et faisons le tour du monde avec Bach, Bizet, Rossini, du rap argentin, de la rumba, de la musique d’avant-garde et ABBA !… Ce voyage me permet aussi de découvrir les qualités de chanteuse lyrique d’Angès Jaoui. Je suis admirative de ces personnes qui exercent avec talent plusieurs disciplines artistiques.
Bravo !
Dans mon salon
Dans le salon d’Agnès Jaoui, on danse dans la joie et l’amitié ! Quel merveilleux moment plein de chaleur humaine ! Mais ce n’est pas tout… À la fin du spectacle, nous pouvons rencontrer Agnès Jaoui…
Lorsque j’approche de la table où elle est assise, je suis saisie d’une forte émotion. Je suis bouleversée de voir en vrai cette dame… Cette fois, elle n’est pas sur un écran mais là, devant moi… Ma gorge se serre et j’ai beaucoup de difficultés à parler. Je lui dis que je suis très émue… Elle me serre la main et me demande pourquoi ? Ma tête est vide, je ne sais pas quoi répondre…
Je pense à mon père qui aimait les films de Bacri et Jaoui… Je me souviens que nous avions parlé de l’un d’eux peu avant son décès… Oh ! J’aurais tant de choses à vous dire ! Mais ce n’est ni le lieu, ni le moment, n’est-ce pas ?… Avec beaucoup d’efforts, les mots franchissent cet étroit passage dans ma gorge… Ma voix est en sourdine et je ne peux faire mieux… Ce n’est comme ça que j’aurai voulu me présenter à Agnès Jaoui ! Le jeune homme qui était derrière moi dans la file nous prend en photo et je me sens un peu mieux ! Je respire…
Merci ! Merci pour tout !
De la Concorde à l’Étoile
Après toutes ces émotions, en sortant du théâtre, je marche de la Place de la Concorde à l’Arc de Triomphe. Il est presque minuit. Je remonte les Champs-Élysée ravie de voir cette avenue la nuit une dernière fois avant mon départ dans trois jours.
Je commence à te dire au revoir, Paris !
Samedi 29 mars - Le Marais
Je pars dans deux jours et le soleil brille sur Paris ! J’en profite pour visiter le quartier du Marais de façon plus approfondie. Je marche du Pont de Sully, face à l’Île Saint-Louis, en passant par la Place des Vosges et la rue des Rosiers, jusqu’à la Tour Saint-Jacques, pour achever ma découverte sur le toit du Centre Pompidou où je prends des photos de Paris au crépuscule.
Je fais une halte dans l’Église Saint-Paul pour allumer un cierge et prier. Je prie pour tous les êtres que porte cette terre. Je prie pour que l’Esprit Saint accompagne Histoires d’âmes dont l’exposition aura lieu en mai prochain. Je prie pour Jeanne que j’ai rencontrée au Collège des Bernardins la semaine dernière et avec qui j’ai eu une discussion édifiante avant-hier. Je prie pour ma mère. Je prie pour mes défunts.
Puissions-nous tous être heureux !
Le Bistrot Caché
Je déjeune vers 16h au Bistrot Caché, le bien nommé, puisque qu’il se trouve sur une place seulement accessible par un passage entre les immeubles… Ce lieu charmant est niché au cœur du Village Saint-Paul. J’aime ces déjeuners solitaires dans les villes. J’écoute et je contemple mes semblables… Sur une banquette sont installésune jeune fille, un jeune homme et deux fillettes. À un moment donné, le jeune homme explique que son épouse vient de Los Angeles… Merveilleux ! J’aimerais beaucoup discuter avec elle ! Par chance, l’occasion m’en est donnée…
La discussion est simple et libre comme souvent avec les Américains et d’ailleurs, bon nombre de parisiens que j’ai croisés. Je ne rencontre pas cette méfiance face à un inconnu qui existe parfois dans les villes plus petites ou dans les campagnes. En outre, je suis ravie de pratiquer l’anglais ! Tatiana et moi parlons voyage. Je lui montre quelques photos issues de mon site internet et elle me dépeint les lieux qu’elle aime aux États-Unis. Puis, notre échange nous amène en Asie où elle a souvent séjourné… Je suis enchantée !
Aujourd’hui, Tatiana arrive de Los Angeles et elle est en plein jet lag. Je comprends ! Il faut un peu de temps pour se remettre à l'heure française ! Nous espérons nous revoir demain…
See you soon, Tatiana !
A lot of People !
En ce samedi ensoleillé, les Parisiens et les touristes sont de sortie ! J’apprécie cette foule contrastée et l’effervescence qui se déploie autour de moi. Au fil des rues, je pense au 16ème arrondissement dont nous avons parlé avec Tatiana. Elle m’a dit que c’était le meilleur arrondissement de Paris. Je suis d’accord…
Soudain, l’ambiance familiale, les immeubles élégants et les larges avenues bordées d’arbres me manquent… Dans le 16ème quelle que soit l’heure du jour ou de la nuit, la vie s’écoule doucement.
Lundi, je dois le quitter et ce ne sera pas facile !
Dimanche 30 mars - Institut du Monde Arabe
En ce dernier dimanche à Paris, j’ai rendez-vous à 11h pour une initiation au chant arabo-andalou à l’Institut du Monde Arabe. Avec une pédagogie et une patience à toute épreuve, Myriem Koufi nous accompagne afin que nous puissions chanter en arabe… Je suis impressionnée par le résultat que nous obtenons ! En effet, nombre d’entre nous ne parle pas cette langue.
La salle que nous occupons offre une vue magnifique sur Paris. Je contemple la ville et les personnes rassemblées ici. Quelle joie de voir ces hommes et ces femmes de différentes origines réunis par amour de la culture et du chant ! Nous sommes loin des clichés qui divisent…
De tout cœur, je remercie Myriem Koufi pour ce merveilleux moment de partage et d’humanité !
Dar Mima
Le restaurant Dar Mima se situe en face de la salle que nous occupions pour l’initiation au chant arabo-andalou. Il est plus de 13h et j’ai faim ! Je m’installe dans un confortable canapé et je déguste un succulent couscous en suivant la course des nuages dans le ciel de Paris… Je suis comblée !
Je remercie le ciel de toutes les grâces qu’il m’accorde et je prie de toutes mes forces pour que, chaque être que porte cette terre soit comblé à son tour ! Je prie pour que des grâces qui me sont données, naissent des actes bénéfiques à tous !
Béni sois-tu Seigneur !
Sur le toit
En sortant du restaurant, je prends quelques photos du toit de l’IMA pendant que le soleil disperse les nuages… Magique !
Musée et expositions temporaires
Je descends de quelques étages pour visiter le musée de l’IMA qui retrace l’histoire de la civilisation arabe. Je suis touchée par ces objets délicats et ces sculptures lumineuses !
Écrire ou calligraphier ?
Écrire ou calligraphier telle est la question posée par cette exposition d’une grande richesse.
Samas
Je suis entièrement d’accord avec la phrase que propose Zad Moultaka : « Au sein de notre civilisation, il est impératif et urgent de questionnner le sacré dans le cœur même de l’homme. »
J’entre dans une salle obscure. Au centre, je discerne un assemblage de métal qui ressemble à une fusée. J’entends des sons, des voix, les lumières changent et, soudain, un avion de guerre passe en rase-motte au-dessus de ma tête et une bombe explose… Puis, le silence.
Voilà ce qu’est la guerre…
Palais Garnier
Je reviens au Palais Garnier mais, cette fois, pour écouter Natalie Dessay dans un concert d’ « au revoir », comme elle tient à le préciser. En effet, cette immense interprète lyrique a des problèmes avec sa voix qui l’obligent à réorienter sa carrière. Depuis une dizaine d’années, elle fait du théâtre et aborde un répertoire moins exigeant. Aujourd’hui, elle envisage de poursuivre avec la comédie musicale aux Étas-Unis.
L'opéra Garnier a donné carte blanche à Natalie Dessay. La première partie du concert comporte des morceaux en français, la seconde en anglais. Nous sommes loin de la diva intouchable… Voici une femme qui plaisante avec le public, qui se trompe à deux reprises et reprend modestement les morceaux, qui nous parle de sa vie, des ses goûts, de ses rêves et même de son père… Quel bonheur ! Quelle simplicité !
Et quelle voix !
Lundi 31 mars - Goodbye Paris !
Je boucle mes valises et prends le temps de contempler la vue que m'offre la terrasse de l'appartement que je loue pour quelques minutes encore... Paris rayonne et je la remercie de m'avoir si bien accueillie ! Ce séjour fut exceptionnel !
Merci !
Rue de la Pompe
En attendant le bus 52, je prends une dernière photo de la rue de la Pompe où j'ai tant aimé faire mes courses dans une ambiance familiale. En effet, les commerçants connaissent la plupart des habitants du quartier. Rue de la Pompe, il y a une ambiance chaleureuse et douce...
Merci ! Merci pour tout !